L’intégration de la biodiversité par les entreprises.

L’intégration de la biodiversité dans le développement des entreprises et des collectivités deviendrait-elle un nouvel enjeu environnemental, social et économique ?

L’année 2010, déclarée année internationale de la biodiversité par les Nations Unies, illustre l’intérêt grandissant porté à cette problématique. De nombreuses réflexions et initiatives sont également menées à ce sujet comme par exemple la mise en place de la trame verte et bleue, outil d’aménagement du territoire, qui permettra de favoriser la circulation et la diversité du vivant au sein des espaces urbanisés.

A travers son rapport étape « L’économie des écosystèmes et de la biodiversité », Pavan Sukhdev met en évidence le rôle primordial que jouent les écosystèmes et la biodiversité, et les menaces qui pèsent sur l’homme et son système économique si les dégradations actuelles ne cessent pas rapidement. L’objectif de cette étude, outre sa volonté de montrer l’importance de ces enjeux, est de définir un outil économique tenant dûment compte de leur valeur.

Ainsi, nous y voilà ! La prise de conscience envers la préservation de la biodiversité et des écosystèmes affleure et se manifeste par une volonté européenne et nationale de freiner sa perte.

Il s’avère que les conséquences de l’urbanisation jouent un rôle majeur dans la fragilisation de la biodiversité : imperméabilisation des sols, formation d’îlots de chaleur, transformation des habitats des espèces…. Il convient alors de trouver un équilibre entre ces deux systèmes dynamiques.

Dans cette optique, de plus en plus d’organismes spécialisés dans ce domaine se développent en France et à l’étranger. Ils travaillent sur la mise en place de nouveaux outils qui permettront d’identifier les interactions entre les bâtiments et le monde du vivant comme l’Indicateur d’Interdépendance de l’Entreprise à la Biodiversité (IIEB) développé par l’association Orée et la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) ou le « bilan biodiversité des organisations » de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

De telles démarches permettront de favoriser la coordination des parties prenantes du secteur de l’immobilier et la mise en place de pratiques allant en ce sens. Cependant ces nouveaux moyens d’évaluation de cette interdépendance se heurtent à la difficulté de définir un indicateur unique et pertinent pour la biodiversité.

Ces réflexions et les mesures à venir laissent à penser qu’un changement de comportement s’opère vis-à-vis de la biodiversité. Suivra-t-elle une évolution similaire à celle des objectifs de réduction des émissions de CO2 actuels et des enjeux énergétiques pour lesquels de nombreuses mesures ont été entreprises ces dernières années ?

Il est fort probable que les exigences réglementaires, les besoins des utilisateurs et du marché réclameront des performances dans ce domaine et influenceront directement sur la valeur patrimoniale des actifs. Ainsi, une anticipation des réglementations et l’engagement dans ce défi peuvent représenter pour l’entreprise un nouvel enjeu stratégique en termes d’image et d’opportunités. L’intégration de la biodiversité et des écosystèmes dans les différentes étapes du cycle de vie d’un bâtiment sera certainement un atout pour les projets immobiliers de demain.

Ce défi au cœur des préoccupations actuelles offre ainsi aux entreprises une nouvelle occasion de valoriser leurs biens et leurs activités, en innovant dans des concepts originaux d’espaces verts, de zones vivantes et en considérant la biodiversité non plus comme une contrainte mais comme un élément stratégique de création de valeur.

Rédactrice Mélanie Barreau

Chargée d’étude Environnement

mbarreau@dauchezpayet.fr

19 rue Vignon

75008 PARIS

Tel. +33 1 40 74 00 50

Poster un commentaire