La conjoncture dans le secteur du logement social. Bilan du 1er semestre 2010
En 2009, la revente du patrimoine logement de certains promoteurs a eu de réels impacts sur les recrutements ; ceux-ci ayant été stoppés ou ralentis par des transferts de personnel au sein des organismes s’étant portés acquéreurs. (Tous profils confondus : maîtrise d’ouvrage, gestion technique, gestion locative, fonctions supports…)
Après une période d’absorption pour certains bailleurs sociaux franciliens et grâce au regain d’activité en immobilier, l’année 2010 opère un virage en termes de recrutement.
Les bailleurs sociaux ont pris de nombreux engagements ces derniers temps qui ont un impact direct sur les recrutements : la construction de nouveaux logements, le développement de l’accession sociale, la promotion du développement durable, ou la mise en place de la convention d’utilité sociale….
Ainsi, la pression sur les postes en maîtrise d’ouvrage ou sur les fonctions techniques va être maintenue. On assiste aussi à des phénomènes nouveaux tels que l’émergence des métiers de l’accompagnement social ou la volonté de recruter des compétences de plus en plus élevées.
En maîtrise d’ouvrage, les postes de Chargés d’Opérations à dominante construction suppléent ceux en renouvellement urbain. Raison pour laquelle les bailleurs favorisent de plus en plus les profils issus de la promotion privée avec des formations techniques au détriment des formations plus généralistes.
De plus, les enjeux liés au développement durable et la course aux certifications, remettent les formations techniques au premier plan.
En gestion sociale, la CUS (convention d’utilité sociale) vient modifier la prise en charge des locataires. Les postes de Chargés de développement social et de clientèle s’enrichissent avec de nouvelles responsabilités ; comme un accompagnement auprès des locataires en difficulté ou une implication auprès des réseaux locaux plus marquée. Ils sont également confrontés à de nouvelles problématiques conjoncturelles telles que le vieillissement, l’isolement, le handicap, les fragilités économiques… et affichent comme objectif d’adapter leur mode de gestion à chaque individu. Les recrutements de ce type de profils nécessitent de trouver des passerelles comme celles du milieu associatif qui fait appel aux mêmes qualités.
En gestion de proximité, les difficultés de recrutement sur les postes de Responsables de site, font écho à cette volonté d’amélioration permanente du bien être des ses habitants. En effet, les bailleurs sociaux doivent répondre à un besoin croissant de managers pour assurer le lien avec le personnel de proximité (gardiens, employé d’immeubles) mais surtout pour renforcer leur présence auprès des locataires en vue de répondre aux engagements qualité qu’ils se sont fixés. Ces postes stratégiques pour la société, ne sont néanmoins pas une priorité pour les candidats.
On remarque depuis plusieurs années une évolution des métiers au sein des bailleurs sociaux, liée à des phénomènes sociaux ou sociétaux.
De plus, tout les regards se tournent vers cette profession, qui se doit d’être exemplaire et innovante dans ses projets, mais également irréprochable dans son action. Les ressources humaines doivent également s’adapter à cette évolution et à cette professionnalisation des métiers.
Delphine Delastre
Manager
Hays Public & Para-Public
