Le pré-état daté est un document financier et administratif que le vendeur d’un lot en copropriété doit transmettre à l’acheteur avant la signature du compromis de vente. Imposé par la loi ALUR, il regroupe les informations sur les charges, les travaux votés et la situation comptable du copropriétaire vendeur. Sans lui, le délai de rétractation de l’acquéreur ne commence pas à courir, ce qui peut bloquer toute la transaction.
Pré-état daté et plan pluriannuel de rénovation : ce que les modèles standard oublient
La plupart des modèles de pré-état daté disponibles en ligne se limitent aux trois volets classiques : informations administratives, données financières du syndicat et situation du copropriétaire vendeur. Ces trames reprennent la structure prévue par la loi ALUR sans intégrer les évolutions récentes.
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Les copropriétés anciennes sont désormais concernées par l’obligation de mettre en place un plan pluriannuel de rénovation énergétique. Un modèle de pré-état daté actualisé devrait donc mentionner l’état d’avancement de ce plan, les travaux programmés, les échéances prévisionnelles et leur impact estimé sur les appels de fonds futurs.
Un acheteur qui découvre après signature qu’un programme de ravalement thermique a été voté en assemblée générale, avec des appels de fonds prévus sur plusieurs années, dispose d’un motif sérieux pour contester la validité du compromis. Intégrer ces informations dès le pré-état daté sécurise la vente pour les deux parties.
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Contenu obligatoire du pré-état daté pour un compromis de vente en copropriété
Le pré-état daté n’est pas un document dont la forme est codifiée par un décret. Ce sont les informations qu’il contient qui sont imposées par la loi. Les notaires ont standardisé un format pour simplifier la collecte, mais le vendeur reste libre de la présentation tant que toutes les données requises y figurent.
Volet financier du lot vendu
Ce volet concerne directement le copropriétaire vendeur et ce qu’il doit ou ce qui lui est dû. Il permet à l’acquéreur d’anticiper les charges qu’il devra assumer dès la signature de l’acte authentique.
- Les sommes restant dues par le vendeur au syndicat des copropriétaires (charges courantes impayées, provisions sur travaux non réglées)
- Les sommes dont le syndicat pourrait être débiteur envers le vendeur (avances remboursables, trop-perçu sur appels de fonds)
- L’état global des impayés de charges au sein de la copropriété, qui révèle la santé financière de l’immeuble
- Le montant du fonds de travaux (anciennement fonds ALUR) et la part rattachée au lot vendu
Volet administratif et technique
Le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années et le carnet d’entretien de l’immeuble doivent être transmis. La fiche synthétique de la copropriété, issue du registre national, complète ce volet.
Un point souvent négligé : la classe énergétique du lot et, le cas échéant, les conséquences sur la mise en location future (seuils de performance énergétique). Un modèle gratuit téléchargeable qui ignore cette dimension expose le vendeur à une contestation ultérieure de l’acheteur.
Qui rédige le pré-état daté et combien ça coûte
Le vendeur peut rédiger lui-même son pré-état daté. Aucune disposition légale n’impose de passer par le syndic de copropriété. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’utiliser un modèle pré-état daté gratuit : éviter des frais qui peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros lorsque le syndic professionnel facture cette prestation.
Le syndic facture généralement la production du pré-état daté comme une prestation hors forfait. La loi ne fixe aucun tarif plafond pour ce document, contrairement à l’état daté (plafonné par décret). La facture varie selon les syndics, et certains copropriétaires préfèrent collecter eux-mêmes les informations.
Pour un syndic bénévole, une ASL ou une AFUL, la rédaction en interne avec un modèle vierge est souvent la seule option réaliste. Le copropriétaire vendeur rassemble les documents comptables, les PV d’assemblée générale et les données du carnet d’entretien, puis complète le modèle section par section.
Délai de rétractation de l’acquéreur : le piège du pré-état daté incomplet
Le compromis de vente en copropriété déclenche un délai de rétractation au profit de l’acheteur. Ce délai ne court qu’à partir du moment où l’ensemble des documents obligatoires a été notifié. Un pré-état daté partiel, auquel il manquerait les PV d’assemblée générale ou le montant des travaux votés, empêche le démarrage de ce délai.
En pratique, l’acquéreur conserve un droit de rétractation illimité tant que le dossier est incomplet. Cela signifie qu’il peut se rétracter plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la signature du compromis, sans justification. Le notaire bloquera la signature de l’acte authentique tant que le dossier n’est pas complet.

Le risque concret : un acheteur qui découvre des travaux non annoncés (ravalement, mise aux normes d’ascenseur, réfection de toiture) peut se rétracter sans pénalité. Les vendeurs qui bâclent le pré-état daté pour accélérer la signature du compromis obtiennent souvent l’effet inverse.
Modèle pré-état daté gratuit : les rubriques à vérifier avant utilisation
Un modèle téléchargeable sur internet n’est utile que s’il couvre les obligations actuelles. Avant de remplir un modèle vierge au format Word ou PDF, vérifiez qu’il intègre bien les rubriques suivantes :
- La mention du plan pluriannuel de travaux et de son état d’avancement, avec les échéances de financement prévues
- Le diagnostic technique global (DTG) s’il a été réalisé dans l’immeuble
- La classe énergétique du lot et les éventuelles restrictions locatives liées aux seuils de performance
- Le montant précis du fonds de travaux rattaché au lot, distinct des provisions sur charges courantes
- L’état des impayés de la copropriété (pas uniquement ceux du vendeur)
Un modèle qui se limite aux charges courantes et aux PV d’assemblée générale sans aborder les travaux programmés ni la performance énergétique date probablement d’avant les dernières évolutions réglementaires. Un modèle obsolète ne protège ni le vendeur ni l’acheteur.
Le pré-état daté reste un document que le vendeur peut produire sans intermédiaire, à condition de ne rien omettre. Mieux vaut consacrer une heure à rassembler les pièces comptables et les PV récents que de payer un syndic pour un travail de compilation. Le vrai coût d’un pré-état daté bâclé, c’est une vente qui traîne ou un acquéreur qui se rétracte à la dernière minute.

